Historique du Canal sur la commune de Saint-Romain-en-Gier

HISTOIRE DU CANAL

(sur la Commune de Saint-Romain-en-Gier)

 

Le Canal de Givors est créé en 1761 par Zacharie, horloger-mécanicien de Lyon afin d'amener au Rhône les charbons du haut de la vallée. D'une longueur de 21 kilomètres, une pente de 80 mètres dont le niveau est rétabli au moyen de 33 écluses dont une sur la commune de Saint-Romain-en-Gier (écluse n°13 près de la maison du garde). Le canal est alimenté par le Gier et le barrage du Couzon. Le premier tronçon entre Givors et Saint-Romain-en-Gier débute en 1763. La construction va durer environ vingt ans et l'ouvrage ne sera ouvert au public qu'en 1780.

 

Les propriétaires des terrains situés sur le tracé du futur canal sont contactés. Ils seront correctement indemnisés. Il faut dire que le canal coupait presque toujours leurs terres en deux parties. Il s'agit alors de vignes, terres, prés ou encore de champs de graviers formés par les crues du Gier. Les contrats de vente à Zacharie mentionnent le nom des propriétaires et leur profession :

* Aux Biesses, ce sont Etienne OLLAGNON et Jean PITIOT, laboureurs, qui vendent un pré ;

* À Clairin, c'est la veuve d'Etienne BARBOYON ;  

* Les vignes des Côtes sont toutes touchées par le tracé du canal. Les vignerons Fleury GELAS, Benoit GIROUD, Antoine MORELLON et Annet BAUDRAND se voient contraints d'abandonner leurs biens, ainsi qu'Etienne CHOLLET, le tailleur d'habits, et Jacques CAILLOT, un voiturier par terre ;  

* Au village, nous trouvons les familles CHARMIER : Philippe et Jean, les maîtres maçons. Etienne et Philibert, père et fils laboureurs.                        

* Au Moulin, Claude PINGON, un maître maçon, et Mathieur ROCHE, vigneron, font aussi partie des vendeurs ainsi que d'autres.

Mais c'est Annet BAUDRAND, marchand, qui touchera la plus importante somme à l'occasion de ces ventes : 11500 livres. C'est parce qu'il laisse à la Compagnie de nombreuses terres et prés. Il signe avec les intéressés du canal une concession de prise d'eau et autorise la Compagnie à utiliser l'eau de son bief. Cette eau, provenant elle-même du Gier grâce à abenevis accordé par Monsieur de Riverie, seigneur de Saint-Romain-en-Gier. Les réparations et l'entretien du bief restent malgré tout à sa charge.

On recrute sur place le personnel compétent : c'est ainsi que, suite à des dégradations importantes du Gier en 1777, il sera demandé à Claude PINGON, maçon, de réparer les dégâts subis par le canal. Il utilisera pour cela de la pierre provenant du sieur LEVASSEUR au Four-à-Chaux.

 

C'est à cette époque qu'apparaissent plusieurs cabarets. En effet, il faut ravitailler les ouvriers qui participent à la construction du canal. Au village, le cabaret est situé lieu du Gutton (aujourd'hui lieu du Canal). C'est Annet BAUDRAND, riche marchand, qui en est alors propriétaire. Il loge aussi dans son établissement les gens de passage. D'autres cabarets suivent : à Manevieux, au Morel... Parfois, on y meurt. Ainsi, Jacques GOMBET, âgé de 20 ans, venant d'Auvergne, décède le 8 décembre 1775 chez Annet BAUDRAND. L'année suivante c'est Jean Louis VIMAL, 55 ans, vitrier suisse, qui meurt à son tour dans le dit cabaret.

 

1780 - 1830 : Les années prospères du Canal

L'ensemble du village participe alors à la vie du canal.

* Gardes du canal : Jean REDT (1800), Etienne BUREL (1823) 

* Éclusiers : Claude CASTAING et Michel MONTAGNY (1800), Jean Pierre OLLAGNON (1854) 

* Mariniers : Benoit BARILLOT (1811) 

* Crocheteurs : Laurent DAVID (1845)  

* Au village, on trouve aussi des transporteurs par eau.

 

La production locale (vers à soie, vins, tuiles, bois...) était alors acheminée jusqu'à Givors. De là, les mariniers du Rhône prenaient le relais. De simples cultivateurs devenaient alors de riches marchands.

En 1828, le Chemin de Fer est mis en service. La Compagnie du Canal, qui pratiquait des prix exhorbitants (il fallait bien rémunérer le nombreux personnel et payer les actionnaires) allait devoir s'incliner devant son concurrent en seulement quelques années. Le Canal se meurt tout doucement et cesse définitivement son activité en 1878.

 

Jeanne Marie BARBOYON, née en 1848, racontait à sa petite fille qu'enfant, elle entendait de Chamouy le bruit des charetiers menant les mulets le long du canal.

 

Malgré l'arrêt de son activité, le canal reste longtemps dessiné sur les cartes d'État Major. Même après la construction de l'autoroute en 1970, on pouvait encore voir sur son emplacement une flore (joncs) témoin de son existence. Il ne subsiste aujourd'hui au village que les restes d'une écluse, une écluse mitoyenne avec la commune de Givors, et la maison du garde, dite  maison de l'Éclusier.

 

Sources : Archives notariales et d'État Civil, mai 2004

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